La navette spatiale soviétique Bourane/Buran : unique lancement il y a 30 ans

Le 15 Novembre 1988 décollait de Baïkonour la navette spatiale Bourane, ou Buran, qui signifie « Tempête de neige » en russe. Si elle ressemble de façon frappante à la version américaine, il y a en réalité quelques petites différences. Mais revenons-en à la genèse du programme : celui-ci a été mis en place en fait en 1976, où le contexte de guerre froide existait encore, afin de contrer le pogramme américain de vaisseau réutilisable, dont les Soviétiques pensaient qu’il aurait une visée essentiellement militaire. Comme pour les navettes américaines, 5 « Bourane » étaient prévues, mais seulement deux ont été construites et la 3 autres en cours de fabrication et restées inachevées, le programme s’étant arrêté. Bourane comportait aussi des prototypes d’essais terrestres (comme la navette « Enterprise » pour les Etats-Unis, qui n’a jamais volé dans l’espace et n’a servi que pour préparer sur Terre, enfin en altitude d’avion, les futurs vols spatiaux des autres navettes spatiales, et que contrairement au prototype soviétique, était largué par avion lors des essais).
Un premier essai du lanceur Energia, sur lequel il a été placé une charge militaire Polious, s’effectue de manière partiellement réussie : le lanceur n’a posé aucun problème mais Polious avait un système de guidage défectueux si bien qu’il est retombé dans l’océan Pacifique.
Mais le véritable vol orbital a lieu le 15 Novembre 1988, avec succès. Bourane est lancée, portée par la fusée Energia. Il n’y a aucun transport de cosmonaute et le vol se fait entièrement en mode automatique, sans logiciel de navigation. Bourane effectue 2 orbites à 160 puis 250 km d’altitude, pour atterrir quelques heures plus tard sur une piste conçue exprès de l’aéroport de Baïkonour, de la même manière que la navette américaine.
Ce qui distingue les 2 vaisseaux entre autres :
– La possibilité de Bourane de voler sans hommes et en automatique, alors que la navette américaine n’est pas conçue pour cela.
– Bourane est moins haute et plus légère que sa jumelle américaine, et contrairement à elle comporte 2 moteurs à ergols solides lui permettant en cas de problèmes de se détacher d’elle-même d’Energia, et la navette américaine est dépourvue d’une telle procédure de sauvetage au décollage.
– Les commandes de Burane sont hydrauliques alors que celles de la navette américaine sont électriques.
– Malgré le lanceur principal commun aux 2 navettes, la version américaine possède 3 puissants moteurs, et qui ne serrvent que pour le décollage et la mise en orbite, pas Bourane, qui dépend entièrement d’Energia pour cela.
– Les boosters latéraux d’Energia sont éjectés d’abord ensemble puis séparés ensuite, alors que côté américain, les boosters se séparent complètement dès le début entre eux.
– Ceux d’Energia redescendent grâce à de petits parachutes et de petites rétrofusées et des trains d’aterrissages ensuite activés peu avant de revenir sur terre, tandis que les boosters américains retombent dans l’océan où ils sont récupérés, nettoyés, rechargés pour la mission suivante.
– Même la conception des cockpits diffèrent : celui de Bourane est entouré d’amortisseurs et le train d’atterrissage est situé davantage en arrière que celui de la navette américaine.
– L’ordinateur de bord de Bourane, bien qu’ayant un système redondant comme son homologue américain en cas de panne, est bien plus puissant en mémoire, en capacité de stockage, en rapidité.
Mais hélas, il s’agira du seul et unique vol orbital de Bourane ! Faute de budget suffisant, le programme est abandonné officiellement en 1993. Bourane devait s’amarrer à la station MIR par la suite, par l’intermédiaire d’un module de connexion compatible, qui a finalement servi pour l’amarrage de la navette américaine après quelques modifications.
Ppur ce qui est des navettes elles-mêmes, celle qui a volé a été détruite suite à l’effondrement du hangar qui l’abritait, les autres en cours de construction ont été laissées à l’abandon, et le temps a fait son oeuvre, les laissant en mauvais état…

Kosmonavtika

Buran

Comparatif Bourane et navette américaine (anglais)

Capcomespace

Discussion sur le FCS

Dessin comparatif en Bourane et la navette américaine – Bourane sur son pas de tir

 

  

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