La mission spatiale Swarm de l’Agence spatiale européenne et le chant des orages magnétiques

 

 

Trois satellites de la mission Swarm ont été lancés depuis le cosmodrome de Plesetsk, prés de Moscou. Une fois mis en orbite par une petite fusée russe Rockot, ancien missile intercontinental  reconditionné, ils ont été pris en charge par le centre de contrôle de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Darmstadt, près de Francfort.

Construites par Astrium, les trois sondes sont placées sur une orbite très basse, autour de 500 km d’altitude, pour au moins quatre ans.

 

 

 

 

La mission Swarm étudie le champ magnétique terrestre,  ce qui a permis l’apparition de la vie sur notre planète en la protégeant du bombardement incessant de particules du vent solaire. Mais cette bulle protectrice s’est affaiblie de 5 % en un siècle, ce qui pourrait à terme augmenter l’impact des sursauts d’activité du Soleil sur les satellites, les télécommunications, la précision des signaux GPS et certaines infrastructures au sol.

 

 

 

«De nombreux scientifiques pensent que nous sommes en train de vivre une phase d’inversion du champ magnétique, ce qui aurait des conséquences importantes, selon les programmes d’observation de la Terre à l’ESA.

La dernière fois que la Terre a connu ce phénomène, avec un basculement du pôle Nord magnétique vers le pôle Sud, remonte à 780 000 ans, alors que l’humanité était encore à l’âge de pierre. Nous sommes une civilisation hautement technologique, avec de l’électronique, des satellites, Internet, qui sont sensibles aux perturbations électromagnétiques.»

 

 Le pôle magnétique bouge vite

«Les roches sédimentaires nous apprennent que l’inversion des pôles magnétiques se produit en moyenne tous les 250.000 ans, mais il y a eu des périodes bien plus longues sans aucun changement. On n’est donc pas du tout sûrs que c’est ce qui est en train de se passer, tempère Gauthier Hulot, de l’Institut de physique du globe à Paris. Mais il est important de suivre en détail cette évolution.»

L’un des signaux intrigants est l’accélération rapide du déplacement du pôle Nord magnétique. Avant 1990, il se déplaçait de 10 km par an. Cette dérive est désormais de 65 km par an vers le Nord géographique et vers la Sibérie. «L’autre grand sujet d’étude est l’accroissement, en taille et en intensité, de l’anomalie de l’Atlantique Sud où le champ magnétique est de loin le plus faible sur Terre», raconte Gauthier Hulot. Dans cette région, qui part de la pointe de l’Afrique et recouvre même une partie de l’Amérique du Sud, l’efficacité du bouclier magnétique est affaiblie. La zone, qui reçoit un plus grand nombre de particules chargées, est donc plus dangereuse pour les satellites qui la survolent.

Le moteur principal du champ magnétique terrestre est l’activité interne du noyau de notre planète, avec des flux de fer en fusion agissant comme une gigantesque dynamo à des milliers de kilo­mètres sous la surface. Mais d’autres phénomènes contribuent au magné­tisme.

Swarm permet de discerner quels sont les principaux, de cartographier en détail le magnétisme de roches proches de la surface, de mesurer les variations de l’ionosphère, cette zone chargée dans la haute atmosphère, et même l’influence des courants océaniques.

L’une des clés de cette précision est française. Les magnétomètres de la mission ont été construits par le CEA à Grenoble, avec le soutien technique et financier du Cnes.

«Ils sont tellement précis qu’une installation complètement non magnétique a dû être construite en bois, sans clous, pour qu’on puisse les tester»

 

 

 

 

Dans le très bon article du figaro Le chant des orages enregistré depuis l’espace  vous pouvez découvrir  les signaux électromagnétiques enregistrés par les trois satellites de la mission Swarm , convertis en ondes sonores.

J’espére avoir suscité votre curiosité, c’est à entendre au moins une fois.

 

 

 

 

credits.

Figaro . Cnes. notre_planéte.info .

 

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