20 mai 2009 : Thomas Pesquet, 10ème astronaute français, dans la 3ème sélection ESA

L’agence Spatiale Européenne ESA, créée en 1975 et regroupant 22 pays Européens, 3ème agence spatiale mondiale après la NASA (Etats-Unis) et Roscosmos (Russie), n’a pourtant effectué que 3 sélections d’astronautes : en 1977, 1992 et 2009, soit une moyenne de 16 ans entre chaque sélection ! De même l’ESA ne peut pas encore envoyer d’astronautes par ses propres moyens, l’espoir de la navette spatiale européenne Hermès étant défintivement abandonné en 1993, mais contribue à fournir en partenariat avec les autres agences spatiales des astronautes et éléments de vaisseaux spatiaux (comme le Spacelab de la navette américaine ou, le module Colombus de l’ISS actuelle). On va donc davantage s’intéresser à la branche des vols spatiaux habités et plus particulièrement la 3ème et dernière à ce jour, effectuée depuis Avril 2008 et achevée le 20 Mai 2009.
L’ESA comporte depuis 1988 son propre Centre des Astronautes, basé à Cologne en Allemagne, où ceux-ci s’entraînent aux vols spatiaux la majeure partie du temps, une autre part de leur entraînement se déroulant à Houston (Texas/Etats-Unis pour la NASA) et à la Cité des Etoiles de Moscou, coopération internationale oblige.
Dans ces 3 sélections officielles, d’autres astronautes se sont greffés, soit venant des agences spatiales propres à chaque pays (comme le CNES Français, l’ASI italienne, la DLR allemande…) suite à la création en 2000 d’un corps unique d’astronautes Européens, soit parce qu’ils ont échoué sur l’avant-dernière étape avant la sélection finale, mais considérés malgré tout comme excellents au vu de leur parcours général et du processus de sélection.
Le résultat de la 3ème sélection est connue officiellement le 20 Mai 2009 où l’on présente les 6 heureux élus eux-mêmes informés 2 jours auparavant de leur choix : 5 hommes et une femme, soit 2 italiens (dont la seule femme justement, 1ère femme Italienne à voler dans l’espace), Luca Parmitano et Samantha Cristoforetti (nés respectivement en 1976 et 1977), Alexander Gerst (Allemand né en 1976), Timothy Peake (le plus âgé, né en 1972, et 1er Britannique à voler dans l’espace et à faire une sortie extra-véhiculaire, ayant été précédé par… une femme, Helen Sharman, en 1991), Andreas Mogensen (1er danois dans l’espace né en 1976) et un Français, Thomas Pesquet (né en 1978, il est le plus jeune astronaute Européen et 10ème astronaute Français). Début 2017 s’est ajouté Mathias Maurer (Allemand, né en 1970).
A ce jour, tous ont effectué un vol spatial sauf Mathias Maurer, Luca Parmitano est le 1er à voler en 2013, et Thomas Pesquet est le dernier en 2016. 4 d’entre eux ont effectué au moins une sortie extra véhiculaire, 1 s’apprête à repartir dans l’espace et même à être commandant de l’ISS (Alexander Gerst, 2ème Européen à avoir ce privilège après le Belge Franck de Winne lors de sa 2ème mission en 2008), et 1 autre est attendu à nouveau dans l’espace en 2019 (Luca Parmitano).
Intéressons-nous de plus près à Thomas Pesquet : né le 27 Février 1978 à Rouen (Seine-Maritime), d’un père professeur de maths-physique et d’une mère institutrice, un frère aîné, Baptiste, informaticien et formateur né en 1976. Thomas réussit son Bac S, effectue une prépa Maths sup et Maths spé, étudie l’ingénierie aéronautique et spatiale à l’ISAE Supaéro à Toulouse et devient pilote d’Airbus. Il effectue des stages en Espagne et au Canada, à Thales-Alenia à Cannes (Alpes-Maritimes), travaille au CNES. En vie privée, Thomas est fiancé à Anne et n’ont pas d’enfants. Côté loisirs, Thomas est un sportif accompli : ceinture noire de judo, basketteur, rugbyman, nageur, pratique la course à pied, le VTT, la musculation et le ski. Il est polyglotte : anglais, allemand, espagnol, russe et apprend le chinois !
Comment imaginer avec un tel parcours que ce gentil jeune homme blond d’1m84, au visage poupin et souriant, les joues rosies d’un attendrissant mélange de timidité et d’émotion, devient astronaute ? Lors de sa première apparition en public le 20 Mai 2009, il s’exprime néanmoins avec aisance, jonglant sans mal entre le français et un anglais parfait et on lui pardonne volontiers quelques petites maladresses. L’ESA et 2 de ses vétérans astronautes (Michel Tognini et Jean-Français Clervoy) ne s’y sont pas trompés en le recevant auparavant en entretien de motivation, tellement son sens de la communication, son physique de beau gosse, sa grande gentillesse et son charisme rejaillissent et sur les photos officielles où les 6 « gagnants » posent, en polo bleu marine à col bleu clair et jean, Thomas est systématiquement mis en avant.
Il utilise les réseaux sociaux alors en plein essor pour parler fréquemment des aspects de son entraînement et des préparatifs de sa mission, Proxima/Expédition 50-51, pour laquelle il a été assigné en Novembre 2015.
Mais sa popularité décolle véritablement un an après avec lui le 17 Novembre 2016. Le nombre de followers explose littéralement sur ses comptes Facebook, Twitter, Instagram et Flickr, les fans-clubs se créent, lui-même augmente le nombre de ses publications et photos en proportion. Il connaît la consécration en effectuant 2 sorties extra véhiculaires réussies, le 13 Janvier et le 24 Mars 2017. Mais le plus gros de son travail consiste aux expériences et à la maintenance, en dépit des esprits chagrins qui lui reprochent une communication qui l’emporte sur le travail voire de l’argent gâché ! Mais Thomas rétablit la vérité avec sa gentillesse habituelle et il rentre sur Terre le 2 Juin 2017. Un atterrissage réussi mais violent, en témoignent les photos prises immédiatement après montrant un Thomas Pesquet blême et très fatigué mais heureux. Il se rétablit incroyablement vite et donne des interviews à la chaîne à peine quelques heures après son retour !!! A la Cité de l’Espace en Octobre 2017 pour les 20 ans de son ouverture et le XXXème Congrès des Explorateurs de l’Espace qui s’y déroulait en même temps, il a pu constater que sa popularité n’a pas faibli : un public de 18000 personnes est venu rien que pour le voir !!!
En attendant de repartir à nouveau dans l’espace, et peut-être sur Mars qui sait ? Thomas Pesquet reprend l’entraînement spatial et pilote chez Novespace l’avion Airbus A310 qui reproduit la sensation d’apesanteur et continue ses apparitions médiatiques : conférences, festival de Cannes, interviews… Pour le plus grand bonheur de ses plus fidèles followers !!!

                  

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